La nuit juste avant les forêts

"Un homme assis à une table de café, tente de retenir par tous les mots qu'il peut trouver, un inconnu qu'il a abordé au coin d'une rue un soir où il est seul. Il lui parle de son univers, une banlieue où il pleut, où l'on est étranger, où l'on ne travaille plus. Il lui parle de tout et de l'amour comme on ne peut jamais en parler, sauf à un inconnu comme celui-là, un enfant peut-être, silencieux, immobile. "
Bernard-Marie Koltès

Bernard-Marie Koltès a vingt-huit ans quand il écrit La nuit juste avant les forêts. C'est un long monologue, fait d'une seule phrase, sans aucune interruption, comme une avalanche verbale, où chaque mot tente de retenir l'interlocuteur silencieux. Dès la première lecture, la nécessité de plusieurs voix m'est apparue. A l'image des nombreuses digressions du "locuteur", plusieurs voix devaient envahir l'espace l'une après l'autre, tout en soutenant le même souffle, le même indicible sentiment. 

C'est sous la forme intermédiaire et dépouillée de la mise en espace, que nous avons abordé ce texte dense et touchant. Notre désir est à la fois de faire entendre les mots au mieux, mais également de plonger le spectateur dans cet univers de fragiles paroles et de corps multiples. Dans ce but, la scénographie épurée et le particulier rapport au public sont primordiaux. Nous avions l'envie que chacun se sente proche de cet homme en errance, tant par son histoire que par la proximité des comédiens, "porteurs de texte"...


Pierre-Etienne Vilbert
Décembre 2005

Texte : Bernard-Marie Koltes


Mise en espace/Scénographie :
Pierre-Etienne Vilbert 
avec la collaboration de Nathalie Matter


Distribution :
Gilles Gatoux
Anna Hoffman
Charlotte Ricateau
Pierre Julien Tritsch
Pierre-Etienne Vilbert
Marie Vonpierre



Galerie

Photos : Gérard Vonpierre